Gérer les désaccords au sein d’une équipe demande une approche structurée, capable de transformer un différend en opportunité de collaboration. La méthode Thomas-Kilmann, largement utilisée en management et en coaching professionnel, apporte un cadre clair pour analyser les comportements face au conflit et choisir l’attitude la plus adaptée. En entreprise, cet outil devient un véritable levier pour fluidifier les échanges, réduire les tensions et améliorer la performance collective. Comprendre ce modèle permet aux managers et aux équipes d’aborder les conflits avec plus de discernement et d’efficacité, en tenant compte des besoins individuels comme des objectifs communs.
Comprendre la structure du modèle Thomas-Kilmann
La méthode Thomas-Kilmann repose sur deux axes : la détermination (défense de ses propres intérêts) et la coopération (prise en compte des besoins de l’autre). En croisant ces deux dimensions, le modèle identifie cinq comportements typiques face au conflit. Cette lecture aide à comprendre pourquoi certaines tensions s’installent et comment adapter les postures pour retrouver une dynamique constructive.
Le modèle Thomas-Kilmann est particulièrement utilisé dans les environnements où les interactions sont nombreuses, car il permet d’anticiper les réactions et de mieux ajuster les stratégies de gestion des désaccords. Le conflit devient alors un espace de régulation et non un frein au fonctionnement collectif.
Lire aussi : 20 méthodes pour manager une équipe comme les meilleurs leaders
Les 5 attitudes du modèle Thomas-Kilmann
Les cinq attitudes décrites par Thomas et Kilmann répondent à des situations très différentes. Les connaître permet de choisir une réponse proportionnée au contexte et à l’enjeu.
1. Rivaliser
Cette attitude s’appuie fortement sur la détermination. La personne impose son point de vue pour défendre un intérêt majeur ou une décision urgente. C’est une stratégie utile lorsque les enjeux sont élevés ou que la situation nécessite une action rapide.
2. Collaborer
Le mode collaboratif combine une expression affirmée de ses besoins et une ouverture totale à ceux de l’autre. L’objectif : une solution gagnant-gagnant. Cette attitude favorise la compréhension mutuelle et une résolution durable du problème, notamment dans les équipes à forte interdépendance.
3. Chercher un compromis
Ici, chaque partie accepte de céder une part de ses attentes. Le compromis est recherché lorsque les délais sont courts ou que la solution parfaite est difficile à atteindre.
4. Éviter
Ce comportement consiste à contourner le conflit ou à le reporter. Il peut être judicieux si le sujet est secondaire ou si le contexte émotionnel impose de temporiser avant d’aborder le désaccord.
5. Céder
Céder permet d’apaiser rapidement la situation en privilégiant les besoins de l’autre. Cette attitude peut préserver une relation importante ou désamorcer une tension qui menace la cohésion d’équipe.

Appliquer la méthode Thomas-Kilmann en entreprise
La force du modèle réside dans son adaptabilité. En amont, il aide à analyser le climat relationnel, les enjeux et les contraintes. Dans les formations ou les ateliers de team building, la méthode est utilisée pour identifier les styles naturels de chacun, travailler la posture managériale et renforcer la cohésion.
Les managers peuvent ensuite mobiliser l’attitude la plus pertinente selon la situation : collaborer pour résoudre un conflit récurrent, faire un compromis pour avancer rapidement ou rivaliser si une décision doit être tranchée sans délai. En utilisant cet outil, les équipes apprennent à développer une communication plus constructive, à limiter les tensions inutiles et à renforcer leur agilité collective.
Les avantages et limites du modèle Thomas-Kilmann
Cette méthode présente plusieurs atouts : elle clarifie les comportements, facilite la compréhension des réactions émotionnelles et aide à choisir la stratégie la plus efficace. Elle constitue également un support pédagogique apprécié lors des formations en management.
Toutefois, elle simplifie parfois la complexité des conflits, et son utilisation demande un minimum d’accompagnement pour éviter les interprétations erronées. Le modèle doit donc être mobilisé comme un outil d’analyse, et non comme une solution universelle. Lorsqu’il est correctement utilisé, il favorise la coopération, améliore la qualité du dialogue et contribue à un environnement de travail plus apaisé et performant.
