L’intérim ouvre des droits au chômage selon des règles précises, souvent mal comprises. Le nombre d’heures travaillées constitue le critère central, mais il ne fonctionne jamais seul. Durée d’affiliation, nature de la rupture, inscription à France Travail et rechargement des droits s’articulent pour déterminer l’accès aux allocations. Comprendre ces mécanismes permet d’anticiper sa situation et d’éviter les erreurs de parcours.
Le seuil d’heures à atteindre pour ouvrir des droits au chômage
Pour bénéficier de l’Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), un intérimaire doit justifier d’une durée minimale de travail sur une période de référence définie.
La règle générale repose sur un double seuil équivalent : 130 jours travaillés ou 910 heures travaillées.
Cette condition doit être remplie au cours des 24 derniers mois, ou des 36 derniers mois pour les personnes âgées de 55 ans ou plus.
Ces heures peuvent provenir de plusieurs missions d’intérim, auprès de différentes entreprises utilisatrices et agences. Le système prend en compte toutes les heures rémunérées comme du temps de travail, y compris certaines heures de formation assimilées.
Pour les travailleurs saisonniers, une règle spécifique existe : l’ouverture de droits reste possible à partir de 108 jours ou 758 heures, à condition que l’activité relève exclusivement de contrats saisonniers.
Intérim et perte involontaire d’emploi : une condition déterminante
Atteindre le seuil d’heures ne suffit pas. L’accès au chômage suppose une perte involontaire d’emploi. En intérim, cette condition est généralement remplie puisque la mission prend fin à son terme, sans initiative du salarié.
Sont considérées comme pertes involontaires :
- la fin d’une mission d’intérim
- la fin d’un CDD
- un licenciement
- une rupture conventionnelle
À l’inverse, une démission classique empêche l’ouverture immédiate des droits, sauf dans des cas précis reconnus comme légitimes.
Démission puis intérim : comment les heures permettent de récupérer des droits ?
Un salarié ayant démissionné peut retrouver l’accès au chômage grâce à l’intérim, sous réserve de remplir certaines conditions. Lorsque la démission est reconnue comme légitime, l’ouverture de droits est possible sans délai particulier.
En dehors de ce cadre, l’intérim joue un rôle clé. Après une démission non légitime, il faut justifier d’au moins 130 jours ou 910 heures travaillées en intérim pour recharger ou ouvrir des droits. Cette durée correspond approximativement à 7 mois d’activité, selon le rythme des missions.
Une fois ce seuil atteint, la perte d’une mission d’intérim permet de basculer vers l’indemnisation chômage. Ce mécanisme sécurise les parcours professionnels marqués par des transitions ou des reconversions.
Cumul intérim et allocations chômage : un équilibre encadré
L’intérim n’exclut pas le chômage. Sous certaines conditions, il est possible de cumuler une partie des allocations avec un salaire d’intérim. Ce dispositif vise à éviter une chute brutale de revenus lors de la reprise d’une activité moins rémunérée.
Le cumul reste plafonné : le total mensuel salaires + allocations ne peut pas dépasser le salaire journalier de référence ayant servi au calcul des droits.
Chaque mois, l’intérimaire doit déclarer à France Travail :
- le nombre de jours travaillés
- le nombre d’heures effectuées
- les salaires perçus
Ces éléments servent à déterminer les jours indemnisables et à ajuster le versement des allocations.
Lire aussi : Comment toucher le chômage ?
Rechargement des droits : le rôle clé des heures d’intérim
Les heures d’intérim ne servent pas uniquement à ouvrir des droits. Elles permettent aussi de recharger des droits existants. Lorsqu’un demandeur d’emploi effectue une nouvelle mission d’au moins 130 jours ou 910 heures, il génère de nouveaux droits à l’ARE une fois les précédents épuisés.
Ce système autorise une continuité d’indemnisation sur des parcours alternant périodes travaillées et périodes de chômage. Chaque mission suffisamment longue renforce la protection sociale, à condition que les obligations déclaratives soient respectées.
Inscription à France Travail et délais d’indemnisation
L’ouverture des droits n’est jamais automatique. Elle passe obligatoirement par une inscription à France Travail dans les 12 mois suivant la fin du contrat. Cette inscription peut intervenir dès le lendemain de la fin de mission.
Un délai de carence minimal de 7 jours s’applique avant le premier versement. Ce délai peut être allongé en présence :
- d’indemnités compensatrices de congés payés
- d’indemnités spécifiques dépassant les montants légaux
Une fois ces délais écoulés, les allocations sont versées selon un montant calculé à partir des anciens salaires, sur la base du salaire journalier de référence.
Ce que les heures d’intérim changent concrètement
Les 910 heures travaillées représentent bien plus qu’un simple seuil administratif. Elles conditionnent l’accès à une protection financière, la possibilité de sécuriser une transition professionnelle et la continuité des droits dans des parcours discontinus.
Pour un intérimaire, chaque mission compte. Accumuler des heures permet non seulement d’ouvrir des droits au chômage, mais aussi de les prolonger, de les compléter et de maintenir un niveau de revenu stable entre deux contrats. Cette logique fait de l’intérim un levier structurant du système d’assurance chômage, à condition d’en maîtriser les règles.
FAQ – Heures d’intérim et droit au chômage
Combien d’heures d’intérim faut-il pour avoir droit au chômage ?
Il faut justifier d’au moins 910 heures travaillées, ou 130 jours, sur les 24 derniers mois. Ce délai passe à 36 mois pour les personnes de 55 ans ou plus.
Les heures de plusieurs missions d’intérim peuvent-elles être cumulées ?
Oui. Les heures effectuées lors de différentes missions, chez plusieurs employeurs, sont additionnées pour atteindre le seuil requis.
Peut-on toucher le chômage après la fin d’une mission d’intérim ?
Oui, la fin de mission constitue une perte involontaire d’emploi, ce qui permet d’ouvrir des droits si les conditions d’heures sont remplies.
L’intérim permet-il de récupérer des droits après une démission ?
Oui. Après une démission non légitime, travailler 910 heures ou 130 jours en intérim permet d’ouvrir ou de recharger des droits au chômage.
Peut-on cumuler salaire d’intérim et allocations chômage ?
Oui, sous conditions. Le cumul est possible tant que le total salaire + allocations ne dépasse pas le salaire de référence utilisé pour calculer les droits.
Une nouvelle mission d’intérim permet-elle toujours un rechargement des droits ?
Non. Le rechargement n’est possible que si la mission atteint au minimum 910 heures ou 130 jours travaillés.
Y a-t-il un délai avant de toucher le chômage après l’intérim ?
Oui. Un délai de carence de 7 jours s’applique après l’inscription à France Travail, parfois prolongé selon les indemnités perçues en fin de mission.
