La question revient chaque année au moment de la déclaration de revenus. L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) constitue un soutien financier central pour de nombreuses personnes en situation de handicap, et son traitement fiscal suscite régulièrement des doutes. Faut-il l’intégrer dans la déclaration d’impôts ? A-t-elle un impact sur le calcul de l’impôt ou sur le foyer fiscal ? Les règles applicables en 2026 apportent une réponse claire, à condition de bien distinguer fiscalité et aides sociales.
Rappel de la nature de l’AAH
L’AAH est une allocation destinée à garantir un minimum de ressources aux personnes adultes reconnues en situation de handicap. Elle est attribuée sous conditions d’âge, de résidence, de taux d’incapacité et de ressources. Son montant peut être versé en totalité ou de façon différentielle selon les revenus du bénéficiaire.
En 2026, le montant maximal mensuel s’élève à 1 033,32 €, avec une revalorisation prévue en cours d’année. Cette allocation s’inscrit dans une logique de compensation du handicap et non dans celle d’un revenu professionnel ou de remplacement imposable.
L’AAH est-elle imposable ?
La réponse est sans ambiguïté : NON, l’AAH n’est pas imposable. Les sommes perçues au titre de cette allocation sont exonérées d’impôt sur le revenu. Elles ne sont soumises ni à la CSG ni à la CRDS.
Concrètement, cela signifie que l’AAH :
- n’entre pas dans la base de calcul de l’impôt,
- n’affecte pas le quotient familial,
- ne modifie pas la tranche d’imposition du foyer.
Cette exonération s’applique quelle que soit la situation familiale : personne seule, couple ou foyer avec enfants.
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Faut-il la déclarer dans la déclaration de revenus ?
En principe, le montant de l’AAH ne doit pas être renseigné dans la déclaration annuelle d’impôts. Elle ne constitue pas un revenu fiscal et n’a pas à être reportée dans les cases dédiées aux revenus imposables.
Dans certaines situations, l’AAH peut toutefois apparaître de manière automatique sur la déclaration préremplie, uniquement à titre informatif. Cette mention n’a aucun effet sur le calcul de l’impôt et ne nécessite pas de correction, sauf indication contraire de l’administration fiscale.
Si le bénéficiaire perçoit d’autres revenus imposables, comme un salaire ou une pension, seuls ces revenus doivent être déclarés.
AAH, impôts et autres aides : ce qu’il faut distinguer
Même si l’AAH est exonérée d’impôt, elle peut être prise en compte dans d’autres démarches administratives. Certaines aides sociales ou exonérations locales exigent la déclaration de l’ensemble des ressources du foyer, y compris les prestations non imposables.
Impact sur le foyer fiscal
- L’AAH n’a aucun effet sur le quotient familial
- Elle ne modifie ni le nombre de parts fiscales ni le montant de l’impôt
- Elle peut permettre, sous conditions de ressources, une exonération partielle ou totale de taxe foncière sur la résidence principale
Déclaration pour d’autres organismes
Pour l’attribution ou le calcul de certaines aides sociales, il peut être demandé d’indiquer l’AAH perçue. Cette déclaration n’a alors qu’un objectif social ou administratif, sans conséquence fiscale.
Ce qu’il faut retenir
L’AAH bénéficie d’un régime fiscal protecteur. Elle n’est pas imposable, n’a pas à être déclarée aux impôts et n’alourdit pas la fiscalité du foyer. En revanche, elle peut intervenir dans l’évaluation des droits à certaines aides ou exonérations. Bien distinguer ces deux logiques permet d’éviter toute erreur lors des démarches annuelles.
