Le portage salarial s’impose comme une solution hybride entre salariat et indépendance. Il séduit de nombreux professionnels souhaitant exercer en toute autonomie tout en conservant la sécurité du statut de salarié. Ce mode d’organisation du travail bénéficie aujourd’hui d’un cadre juridique précis, inscrit dans le Code du travail, qui sécurise aussi bien le professionnel que l’entreprise cliente.
Définition juridique du portage salarial
Le portage salarial est défini par l’article L.1254-1 du Code du travail. Il repose sur une relation tripartite organisée entre trois acteurs : une entreprise de portage salarial, une entreprise cliente et un professionnel autonome appelé salarié porté. Ce dernier réalise une prestation pour l’entreprise cliente, tout en étant lié par un contrat de travail à la société de portage, qui lui verse un salaire et assure la gestion administrative.
Ce cadre juridique distingue clairement le portage salarial des autres formes d’emploi. Le salarié porté ne se trouve pas dans un lien de subordination avec l’entreprise cliente et conserve la maîtrise de son activité, notamment dans la recherche de missions et la négociation des conditions d’exécution.
Comment fonctionne le portage salarial ?
Le fonctionnement du portage salarial s’appuie sur deux contrats distincts, mais complémentaires. D’une part, un contrat de travail, en CDI ou en CDD, est conclu entre le salarié porté et l’entreprise de portage, conformément aux articles L.1254-15 et L.1254-21 du Code du travail. D’autre part, un contrat commercial de prestation est signé entre la société de portage et l’entreprise cliente, comme le prévoit l’article L.1254-22.
Dans ce schéma, le salarié porté conserve une autonomie réelle, exigée par l’article L.1254-2 du Code du travail, qui précise qu’il doit être capable de prospecter ses clients, de fixer ses tarifs et d’organiser son travail. Cette autonomie est une condition essentielle à la validité du portage salarial.

Qui peut recourir au portage salarial ?
Le portage salarial s’adresse principalement aux profils qualifiés disposant d’une expertise reconnue. La convention collective de branche du 22 mars 2017 impose un niveau de qualification minimal équivalent à un Bac +2 ou une expérience professionnelle significative d’au moins trois ans dans le secteur concerné.
Certains secteurs restent exclus, notamment les services à la personne, comme l’indique l’article L.1254-5 du Code du travail. En dehors de ces exceptions, le portage salarial concerne de nombreux métiers du conseil, de l’ingénierie, de l’informatique ou de la formation.
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Le salarié porté bénéficie du régime général de la Sécurité sociale. Sa rémunération minimale est encadrée par l’article L.1254-2 du Code du travail, qui fixe un seuil équivalent à 75 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour une activité à temps plein. Cette rémunération inclut le salaire de base, les congés payés et l’indemnité d’apport d’affaires, prévue à l’article L.1254-9.
Grâce à ce statut, le professionnel accède à l’assurance chômage, à la retraite, à une mutuelle d’entreprise et à une prévoyance collective, offrant une sécurité rarement accessible aux indépendants classiques.
Pourquoi le portage salarial attire de plus en plus de professionnels
Le portage salarial répond aux nouvelles attentes du marché du travail : flexibilité, autonomie et protection. Il permet de développer une activité indépendante tout en bénéficiant d’un cadre légal structuré et rassurant. Cette combinaison explique son essor constant et son positionnement comme une alternative crédible à la création d’entreprise ou au statut d’auto-entrepreneur.
