Accéder à un maintien intégral de rémunération durant un arrêt maladie représente une préoccupation fréquente pour les salariés. Les règles ont évolué en 2025 et plusieurs nouveautés entrent en application en 2026, rendant indispensable une compréhension précise des mécanismes d’indemnisation. Entre IJSS, complément employeur, conventions collectives, prévoyance et formalités administratives renforcées, plusieurs leviers permettent d’atteindre 100 % du salaire net pendant l’arrêt. L’objectif consiste à combiner ces dispositifs pour neutraliser la perte liée au nouveau plafond IJSS et sécuriser son revenu.
Le fonctionnement des IJSS en 2026
L’indemnisation commence par les indemnités journalières de la Sécurité sociale. Elles prennent en charge 50 % du salaire brut journalier, dans la limite d’un plafond révisé deux fois par an depuis le décret du 12 novembre 2025. Ce plafond, abaissé à 1,4 Smic mensuel, réduit le montant maximal versé pour les arrêts débutant après avril 2025.
Le salaire journalier de base est calculé à partir des trois derniers mois précédant l’arrêt. Les salariés doivent remplir les conditions classiques : nombre d’heures travaillé ou montant de cotisations validé, transmission de l’arrêt dans les 48 heures et respect des consignes de présence. Une erreur de délai ou un document incomplet entraîne la suspension des IJSS, un risque accentué depuis l’introduction du nouveau Cerfa AAT 2025, obligatoire pour tout arrêt papier.
La sécurisation des IJSS passe également par la vigilance : contrôle du dépôt dans Mon Espace Santé, respect des heures de présence et anticipation des visites médicales obligatoires pour limiter les retards de paiement.
Le maintien employeur : un complément indispensable
Pour viser 100 % de la rémunération, les IJSS doivent être additionnées au complément de salaire employeur. Dès le 1er janvier 2025, la subrogation est généralisée : l’employeur perçoit les IJSS et reverse l’intégralité de la somme au salarié à la date habituelle de paie. Cette mesure supprime les décalages de trésorerie et garantit une meilleure visibilité.
La durée et le niveau de maintien varient selon l’ancienneté et les accords. Certains secteurs bénéficient d’avantages importants. Les banques, l’assurance, la pharmacie ou la métallurgie assurent fréquemment un maintien intégral, parfois dès le premier jour. D’autres branches appliquent un maintien partiel, nécessitant l’intervention d’une prévoyance pour combler le différentiel.
Cette indemnisation peut être suspendue en cas de contre-visite défavorable, y compris lorsqu’elle a lieu en visioconférence, comme le permet le dispositif expérimental de 2025.

Les conventions collectives : un levier souvent décisif
Les conventions collectives modifient profondément le montant versé pendant l’arrêt maladie. Certaines prévoient un maintien total sans condition d’ancienneté élevée, tandis que d’autres appliquent un barème plus progressif.
Les secteurs les plus protecteurs sont souvent ceux où la pénibilité ou la technicité sont marquées. À l’inverse, les conventions du commerce, de l’hôtellerie-restauration ou du transport reposent sur un maintien partiel. Pour connaître précisément vos droits, il suffit d’examiner la mention de la convention sur la fiche de paie et d’interroger les RH ou représentants du personnel.
Les dispositions conventionnelles prennent une importance accrue depuis l’abaissement du plafond IJSS : plus le salaire dépasse 2 500 € brut, plus le complément employeur doit absorber une perte significative.
Découvrez aussi : Salaire d’un expert-comptable en France : voici les chiffres actuels
La prévoyance : la solution pour atteindre réellement 100 %
La prévoyance constitue le dernier pilier pour obtenir un revenu complet. Elle peut être collective — obligatoire pour les cadres — ou individuelle pour les non-cadres. Elle complète le couple IJSS + employeur jusqu’à 100 % du net, voire davantage en cas d’options renforcées.
Lorsque la convention collective ou l’accord d’entreprise ne garantissent pas un maintien intégral, la prévoyance devient essentielle. Elle compense notamment le manque lié au plafond IJSS, les délais de carence éventuels ou les arrêts longs dépassant six mois, période où l’indemnisation bascule en IJLM.
Les salariés soumis à des rythmes instables, comme les intérimaires, y trouvent une protection bienvenue, puisque leurs droits varient selon les heures travaillées.
Les formalités à respecter absolument (2026)
Pour éviter toute suspension :
- transmettre l’arrêt sous 48 h, avec le Cerfa 10170*08 — édition 2025 ;
- contrôler la bonne réception sur Mon Espace Santé ;
- anticiper la fin de validité des arrêts issus de téléconsultation, désormais limités à 72 heures ;
- préparer la visite de pré-reprise dès 21 jours d’absence pour faciliter l’aménagement du poste ou un télétravail thérapeutique ;
- vérifier la mention « subrogation IJSS » sur la fiche de paie.
Une omission administrative peut suffire à interrompre le paiement, même si l’état de santé reste inchangé.
