Pour trouver une alternance, il faut s’y prendre tôt, idéalement six à neuf mois avant la rentrée, chercher sur plusieurs canaux en même temps et ne pas hésiter à solliciter son école. Voilà pour la version courte. La réalité demande un peu plus de nuances, car la concurrence s’est durcie : la Dares a recensé 846 700 contrats d’apprentissage débutés en 2025, soit 5 % de moins qu’en 2024. Moins d’offres, autant de candidats. Certains contournent d’ailleurs une partie du problème en optant pour une formation en alternance en ligne, ce qui leur permet de démarrer les cours sans attendre d’avoir signé. Nous avons rassemblé ici tout ce qui fonctionne vraiment, étape par étape, calendrier compris.

Quand faut-il commencer à chercher son alternance ?
Entre janvier et mars pour une rentrée en septembre. Les grandes entreprises bouclent leurs campagnes de recrutement dès le printemps. Attendre juin, c’est se battre pour les offres restantes.
Pourquoi un tel décalage ? Parce qu’un groupe qui recrute cinquante alternants organise des sessions de sélection, des entretiens en plusieurs tours, parfois des tests. Tout cela prend des mois. Une candidature envoyée en février peut déboucher sur une promesse d’embauche en avril, et vous voilà tranquille pour réviser vos partiels.
Les petites structures, elles, fonctionnent autrement. Un artisan ou un gérant de PME décide souvent en mai, juin, voire fin août. Ne les négligez surtout pas : d’après la Dares toujours, 44 % des nouveaux contrats signés en 2025 l’ont été dans des entreprises de moins de 10 salariés. Presque un contrat sur deux.
Concrètement ? Réservez deux moments fixes dans votre semaine. Le lundi pour éplucher les nouvelles offres, le jeudi pour envoyer vos candidatures et relancer. La régularité paie bien plus que les grosses sessions de rattrapage un dimanche soir.
Bon, vous avez votre calendrier. Reste à savoir où chercher.
Quelles plateformes utiliser pour trouver des offres d’alternance ?
Trois canaux couvrent l’essentiel du marché : La bonne alternance, l’outil public de France Travail, les sites d’emploi comme Hellowork ou Indeed, et LinkedIn pour le réseau. Aucun ne suffit seul, les trois ensemble font le travail.
Commençons par le moins connu, qui est aussi notre préféré. La bonne alternance ne se contente pas d’afficher des annonces. Le site repère les entreprises qui embauchent régulièrement des alternants dans votre domaine, même quand elles n’ont rien publié. Vous obtenez leurs coordonnées et vous les contactez en direct. Autrement dit, vous frappez à des portes devant lesquelles il n’y a pas de file d’attente.
Hellowork et Indeed jouent sur le volume. Le bon réflexe : créer une alerte très précise, du type « alternance comptabilité Nantes », plutôt qu’une recherche large qui vous noiera sous les résultats. Les nouvelles offres arrivent alors chaque matin dans votre boîte mail.
Et LinkedIn ? Le réseau sert moins à postuler qu’à préparer le terrain. Repérez les alternants déjà en poste dans vos entreprises cibles, écrivez-leur. La plupart répondent volontiers et donnent parfois le nom du bon interlocuteur. Une info qui vaut de l’or.
Encore faut-il que votre candidature ne finisse pas dans la pile des oubliées.
Comment se démarquer face aux autres candidats ?
Adaptez chaque CV à l’offre visée, écrivez une lettre courte tournée vers l’entreprise, et relancez par téléphone sous une semaine. Ces trois gestes simples vous placent devant la majorité des candidats, qui envoient le même document partout.
Sur le CV, un détail change tout : reprenez le vocabulaire exact de l’annonce. Beaucoup d’entreprises trient les candidatures avec des logiciels, et ces outils cherchent des mots-clés. Si l’offre parle de « gestion de projet » et votre CV de « pilotage d’opérations », vous risquez de passer à la trappe pour une simple question de formulation. Indiquez aussi votre rythme d’alternance dès l’en-tête, un recruteur ne devrait jamais avoir à le deviner.
La lettre, maintenant. Quinze lignes maximum, et surtout pas le récit chronologique de vos études. Parlez de l’entreprise, de ses projets récents, de ce que vous pourriez y faire. Vous avez un projet étudiant présentable, un site, une petite réalisation ? Joignez-la. Une preuve concrète pèse plus lourd que trois paragraphes de motivation déclarée.
Dernier geste, la relance téléphonique cinq à sept jours après l’envoi. Deux phrases de présentation, une vraie question sur le poste, et raccrochez. Rares sont les candidats qui osent, c’est justement pour cela que ça marche.
Il vous reste un allié, souvent sous-exploité : votre organisme de formation.
Votre école ou votre CFA peut-il vous aider à trouver une entreprise ?
Oui, et vous avez tout intérêt à le solliciter dès l’inscription. La plupart des CFA disposent d’entreprises partenaires et d’un service de placement, avec des offres qui ne circulent nulle part ailleurs.
Il faut savoir que le financement d’un CFA dépend directement des contrats signés par ses apprenants. Vous aider à trouver une entreprise, c’est donc aussi son intérêt. Job datings, ateliers CV, mises en relation : les dispositifs varient beaucoup d’un établissement à l’autre. Le CFA de Studi, pour prendre un cas précis, accompagne la recherche d’entreprise des inscrits à ses formations diplômantes à distance, avec des rentrées ouvertes toute l’année. La formule en ligne a un avantage pratique : la partie théorique peut démarrer pendant que la recherche d’employeur se poursuit.
Avant de vous inscrire où que ce soit, posez cette question simple : « Concrètement, comment m’aidez-vous à trouver mon entreprise ? » La qualité de la réponse en dit long.
Et si malgré tout, septembre arrive sans contrat ?
Respirez : la loi vous laisse trois mois pour signer un contrat après le début de votre formation en apprentissage. Vous suivez les cours, vous continuez à candidater, rien n’est perdu.
Mettez ce délai à profit pour élargir le tir. Les commerces de votre quartier, les artisans, le réseau de vos proches, tout compte. Glissez un argument qui parle aux petites structures : en 2025, les entreprises de moins de 250 salariés touchaient 5 000 euros d’aide par apprenti recruté. Face à un gérant qui hésite, ce chiffre fait souvent basculer la décision.
Vous avez la méthode, les outils, le calendrier. La première candidature part quand ?
Sources :
- Dares, premières estimations sur les contrats d’apprentissage 2025, publiées le 27 février 2026 : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/series-longues-le-contrat-dapprentissage
- Ministère du Travail, portail PoEm (Politiques de l’emploi), synthèse sur les contrats d’apprentissage : https://poem.travail-emploi.gouv.fr/synthese/contrats-d-apprentissage
